Réformer les études supérieures

Sorcier Moldu ou Science MolleDure
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La démarche scientifique que vous prônez mériterait d'être plus apparente dans la rédaction de cet article, à mon sens.

Je vous rejoins sur un point: il est scandaleux que des articles aussi méthodologiquement foireux soient publiés. Mais, à partir de quelques exemples choisis, peut-on jeter à la poubelle des disciplines entières? Jetteriez-vous de même l'ensemble des travaux de Bourdieu, Durkheim,...? Adieu, linguistique, sociologie, psychologie, anthropologie...?

Réciproquement, puis-je sélectionner des articles foireux rédigés par des médecins (coucou Raoult, coucou les revues prédatrices), des mathématiciens ou physiciens peu scrupuleux, et en conclure que les scientifiques sont aveuglés par l'élitisme et le désir de gloire, et que tout devrait se rapporter en priorité à des valeurs humaines?

Peut-être que certaines choses, dans la vie, ne peuvent pas se résoudre avec des équations ou des clefs à molette. Peut-être que, sans pouvoir le prouver sur une calculatrice, on peut avancer certaines hypothèses sur les phénomènes qui permettent d'expliquer des comportements humains (ça n'exclut pas d'exiger de la rigueur dans les protocoles).

J'apprécierais aussi que vous mettiez à disposition des sources pour étayer vos propos, en plus des mentions que vous faites de certains travaux.

Je vous souhaite une bonne continuation dans la construction de ce site

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Adminnoir 2

Bonjour
Tout d’abord, merci de votre critique constructive. Nous voulons faire clairement la distinction entre les concepts de “domaine d’étude”, de “discipline” et de “méthode”. Le Parti définit un domaine d’étude comme l’analyse d’un phénomène quel qu’il soit. Tout phénomène est bon à étudier puisqu'il amène à sa compréhension et à son utilisation par l'être humain pour adapter son environnement.

Cependant toutes les disciplines chargées d’étudier des phénomènes ne se valent pas et c’est l’application d’une méthode scientifique qui distingue les analyses rigoureuses des impostures et de départager les hypothèses des différents camps qui peuvent parfois être contradictoires. Par exemple, plusieurs disciplines sont consacrées à l’étude des astres dont l’astrologie, désormais une pseudoscience désavouée, et l’astronomie qui au contraire fait l’objet d’un consensus international. Il en va de même pour l’alchimie et la chimie.

Le Parti est tout à fait en faveur de l’étude des phénomènes sociaux pour mieux les comprendre et proposer des politiques publiques chargées de répondre aux enjeux. Nous nous opposons à toute forme de censure académique et de suppression d'articles telles que pratiquées aux États-Unis sous l’administration Trump.

Pour autant, la sociologie en tant que discipline semble avoir démontré des failles méthodologiques durables qu’elle est incapable de corriger du fait d’un aveuglement idéologique. De nombreuses constatations viennent corroborer cette observation. Tout d’abord, 94% des sociologues français se déclarent du même bord politique, ce qui pose la question d’un enfermement dans une bulle semblable à celle créée par les algorithmes des réseaux sociaux. Le fait de citer les travaux de Pierre Bourdieux, éminemment marxiste, comme symbole de la sociologie démontre ironiquement l’embrigadement de jeunes étudiants dans des mouvements idéologiques loin du consensus scientifique. Les autres sciences molles et disciplines artistiques font face au même problème. Une étude de Mitchell Langbert, professeur associé au Brooklyn College, retrouve en 2018 que sur 8688 détenteurs de doctorats dans 51 des 66 meilleures facultés d’art étatsuniennes, 5197 (59.8%) se sont enregistrés dans un parti politique avec un ratio démocrate/républicain de 10.4 pour 1 et 12.7 pour 1 si on exclut les 2 académies militaires de l’étude

La rédaction du Parti a appris en écrivant cette réponse qu’un troisième canular avait été publié par la revue à comité de lecture en sociologie Higher Education Quarterly en 2021. L’article, volontairement grotesque, est intitulé “Donor money and the academy: Perceptions of undue donor pressure in political science, economics, and philosophy” démontre une fois de plus le problème de prédation idéologique endémique dans cette discipline. Notez que les auteurs de l’article, Sage Owens et Kal Avers-Lynde III [dont les initiales forment le mot SOKAL 3, NDLR] ont indiqué sur Twitter qu’une quinzaine d’autres faux articles restaient à trouver parmi les récentes publications. Le compte est désormais supprimé. Ces noms sont probablement des pseudonymes puisque aucun chercheur d’aucune université n’est associé à ces patronymes.

Pour conclure, le Parti ne s’oppose pas frontalement à l’étude des phénomènes sociaux et aux sciences molles d’une façon générale. Il ne rejette pas non plus l’ensemble des travaux de la sociologie au titre que l’alchimie a constitué une base pour la chimie qui s’est développée par dessus. Nous sommes par contre attachés à la transformation de la sociologie, dont la méthodologie actuelle et le militantisme politique sont inacceptables, en une science impartiale, qui connaîtra probablement des hauts et des bas et son lot d’articles “foireux” mais qui se veut avant tout neutre, rigoureuse et au service du bien commun. La sociologie moderne, quant à elle, n’est qu’un vulgaire camp de radicalisation qui apprend à des étudiants des thèses extrémistes.

"Que pensent les penseurs ? Les opinions des universitaires et scientifiques français" (Abel François & Raul Magni-Berton, 2015)

https://www.nas.org/academic-questions/31/2/homogenous_the_political_affiliations_of_elite_liberal_arts_college_faculty

https://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/hequ.12360