L’énergie nucléaire est une technologie maîtrisée par la France et permet une production d’électricité sûre, fiable et décarbonée, et ce à une échelle industrielle. A ce titre, elle fait de toutes évidences partie des 3 piliers de la décarbonation de l’économie française aux côtés de la sobriété et des énergies renouvelables. Le point le plus souvent reproché au nucléaire en cas d’accident. Or, il apparaît très clairement que ce secteur est le plus sûr et sécuritaire en comparaison de ses concurrents, y compris lors des catastrophes industrielles majeures.

Par exemple, l’explosion de la centrale de Tchernobyl n’a fait qu’une cinquantaine de morts, dont une majorité parmi le personnel responsable de contenir l’accident [les liquidateurs]. Cette donnée est à considérer en sachant que la centrale possédait d’importants défauts de fabrication et d’entretien qui font qu’un accident similaire ne pourrait strictement jamais arriver avec des centrales construites selon le modèle français. En ce qui concerne les accidents de Fukushima et de Three Miles Island qui sont les deux autres principaux retours d’expérience, le nombre de victimes des accidents en eux-mêmes est de 0, y compris en prenant en compte les surincidences de cas de cancers chez les habitants vivants autour. Pire encore dans le cas japonais, c’est la surévaluation du risque et les évacuations inutiles qui ont causé le plus de dégâts.

A l’inverse, les énergies concurrentes présentent un bilan plus fébrile. L’accident responsable du plus de morts en Europe est la rupture d’un barrage italien pendant les 30 Glorieuses. Sur le long terme, il est évident que l’énergie la plus néfaste est possiblement la combustion du pétrole, du gaz et du charbon dans les centrales thermiques au vu de la pollution engendrée.

Contrairement à une idée répandue, le parc nucléaire français est en parfaite capacité de fonctionner. En effet, la durée de vie d’un réacteur n’est déterminée que par l’ancienneté de ses pièces et chacune pouvant être changée indépendamment, la longévité d’un réacteur entier peut être décuplée sans problème. L’initiative actuelle du gouvernement de lancer la production de réacteurs de 3 voire 4ème génération est tout à fait louable et il faut que le parc soit progressivement remplacé par des infrastructures plus modernes. Cette mise à niveau nous permettrait d’attendre sereinement la fusion nucléaire qui ne devrait pas arriver à échelle industrielle avant au moins un siècle.

En parallèle, de petits réacteurs modulables devraient être disséminés partout sur le territoire pour constituer un maillage très dense de production d’énergie. Ce système aurait pour but d’approvisionner les équipements industriels lourds qui reposent encore sur l’utilisation d’énergie fossile. La sortie du nucléaire orchestrée par l’Allemagne constitue un riche retour d’expérience. On sait aujourd’hui que ce pays s’est rendu dépendant des énergies fossiles exportées par des puissances comme la Russie. En effet, les projets Nord Stream 1 et 2 constituent des aveux de faiblesse évidents pour la souveraineté allemande et leurs centrales nucléaires encore en marche en 2022 ont dû être prolongées suite au conflit ukrainien et aux sanctions imposées à Moscou. Concernant les coûts de cette sortie, l’arrêt définitif des centrales est évalué à 7,3 Md d’euros, l’empaquetage et le traitement des résidus 6,6 Md et le démantèlement des structures 5,4 Md. De telles dépenses pour une alternative énergétique inexistante sont inenvisageables en France, d’autant plus que nous sommes en contexte de réduction des dépenses publiques. En 2020, l’Allemagne avait une émission de gaz à effet de serre estimée à 813 millions de tonnes d’équivalent CO2 contre un objectif visé de 751, soit un retard de 7,6%. Pour la même année, la France est en avance de 9,1% vis-à-vis de son propre objectif d’émission. L’approvisionnement en uranium deviendrait évidemment un enjeu majeur. Il est vital de conserver des partenariats stratégiques avec les pays d’Afrique de l’Ouest pour sécuriser notre apport. Ceci va bénéficier grandement à leur économie et des accords sécuritaires peuvent également être envisagés. A l’inverse, la diminution de consommation d’énergie fossile diminuerait notre dépendance vis-à-vis des pays du Moyen-Orient ce qui est une excellente chose au vu de l’instabilité géopolitique de cette région [et de la présence de groupes opposés à nos valeurs qui contrôlent parfois les gisements]

Enfin, la gestion des déchets est déjà quelque chose de minutieusement planifié. En effet, les déchets de haute activité, les plus dangereux, sont ceux qui perdurent le moins longtemps et les déchets présentés comme radioactifs pendant des centaines de milliers d’années par la presse à sensation ne présentent qu’un léger surrisque par rapport à l’irradiation naturelle de la Terre. Une autre donnée à prendre en compte est le fait que les déchets nucléaires ne représentent qu’une infime partie de la totalité des déchets industriels dangereux produits en France. Il apparaît donc que l’excès d’attention porté par certains aux déchets nucléaires relève d’une indignation à géométrie variable et d’une opposition idéologique sans contre-arguments techniques.

Pour conclure, le secteur du nucléaire doit impérativement être relancé pour s’assurer un avenir écologique et indépendant. Les contre-arguments de ses détracteurs résultent plus d’une peur irrationnelle et d’une mauvaise évaluation de la balance bénéfice-risque que d’une véritable analyse construite. Les mesures actuelles du gouvernement vis-à-vis de la filière doivent être encouragées et approfondies pour espérer un jour pouvoir atteindre une société libre des énergies fossiles.