Ce conflit, également appelé conflit israélo-arabe en raison de son extension régionale, est une question très épineuse et souvent traitée selon l’idéologie des observateurs plus qu’avec raison et logique. Le Parti souhaite aborder le problème en faisant preuve de Realpolitik, un concept allemand du XIXème siècle fondé sur le pragmatisme, l’évaluation constante des rapports de force et l’intérêt national comme objectif premier.

L’élément le plus important à prendre en compte quand on veut traiter ce sujet est que le conflit israélo-palestinien n’intéresse pas les Français. Divers sondages répétés dans le temps montrent une préoccupation majeure pour la criminalité et la sécurité, les enjeux socio-économiques, le système de santé, mais à aucun moment la scène internationale n’a constitué une priorité. Certains groupes idéologiques, par humanisme ou intérêt dissimulé, ramènent constamment cette question dans le débat public voire même en font un point central de leur programme. Ceci est un piège. En effet, certains commentateurs disposent sur les réseaux sociaux d’une visibilité considérable et polluent l’espace public avec des sujets qu’ils souhaitent mettre en avant, alors même que la majorité silencieuse, qui par définition ne dispose d’aucune caisse de résonance, est complètement désintéressée.

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Concernant l’État d’Israël, nous nous devons de rappeler, en tant que nation emblème de la Laïcité, que ce pays ne dispose d’aucune légitimité pour exister, en tout cas pas plus que l’État palestinien, kurde ou n’importe quel autre pays. Tout appui sur des textes religieux doit être rejeté s’il devait constituer un argument en faveur de la raison d’être d’Israël. Ce dernier existe en raison d’une capacité combative remarquable, d’alliance avec de puissantes nations étrangères et d’un jeu habile et audacieux sur la scène internationale. Ce sont ces raisons-là qui font survivre Israël et si un pays survit, c’est qu’il a le droit de survivre.

Israël est une démocratie occidentale, c’est-à-dire un bastion de notre idéologie au milieu d’une région gangrenée par les dictatures islamistes. À ce titre, il est dans notre intérêt d’en faire un allié stratégique. Cependant, sa capacité à renverser des pays est tout à fait préoccupante puisque l’Histoire a démontré que les États en ruine sont un terreau fertile pour les mouvances terroristes. L’Irak, la Syrie et la Lybie ont laissé Al-Quïda et Daech se développer justement parce que l’Occident avait décapité le pouvoir central qui maintenait l’ordre. On voit aujourd’hui que ces mêmes mouvements arrivent à s’implanter au Sahel en profitant justement de l’instabilité politique de la région. La lutte contre le terrorisme étant, elle, une préoccupation absolument prioritaire, il faut veiller à ce qu’Israël, par ambition territoriale, ne renverse pas de gouvernement.

Avec plus de 220 résolutions à son sujet, Israël est également le pays le plus ciblé par l’ONU, devant la Russie et la Chine. Le non-respect de ces résolutions entraîne une discréditation des organisations internationales et l’impression que ces dernières sont incapables de mettre un terme au conflit. La proposition du Parti consiste à offrir des garanties de sécurité à Israël contre la restitution des territoires occupés. Dans ce cadre, on pourrait imaginer une adhésion d’Israël à l’OTAN en échange du plateau du Golan qui serait rendu à la Syrie et du retour des colons israëliens de la Cisjordanie occupée. Cela aurait le triple objectif d’assurer la sécurité totale du seul pays occidental de la région, de renforcer nos liens avec la jeune Syrie de Hayat Tahrir al-Cham pour mieux protéger les Kurdes et rétablir l’ordre dans une région propice au terrorisme, et enfin, de proposer un état aux Palestiniens constitués de la bande de Gaza et de la Cisjordanie à condition que l’Hamas dépose les armes qu’une autre forme de gouvernement soit mise en place.

La place de l’Iran dans ce conflit est centrale, puisque c’est le centre de gravité de nombreux groupes terroristes en Palestine, au Liban et au Yémen. Ainsi, il est difficile de prévoir si un effondrement du régime des mollahs entraînerait la fin de ces milices ou si, comme au Moyen-Orient, d’autres plus radicales verraient le jour. Cette dernière option est la plus délétère, puisque ces terroristes chercheront à s’implanter en Occident, ce qui s’oppose à notre objectif numéro un. Une solution préférable au renversement du régime par la force serait le retour à un « despotisme éclairé » pro-occidental comme il existait sous le Chah avant la révolution de 1979. La stabilité du pays serait conservée tout en écartant les islamistes du pouvoir. Le nucléaire iranien ne deviendrait plus du tout un problème puisque le régime ne serait plus en opposition frontale avec l’Ouest. Cette option de retour du Chah pourrait être apportée par la population iranienne elle-même, et il suffirait alors de seulement soutenir les mouvements de contestation.